Située dans la mer intérieure de Seto, entre Honshu et Shikoku, Ikuchijima est une île modeste par sa taille mais remarquable par la richesse de ses lieux d’intérêt. Reliée au continent depuis 1999 par la célèbre route Shimanami Kaido, elle attire aujourd’hui cyclistes, amateurs d’art et curieux de spiritualité venus explorer ses temples étonnants, ses musées et ses paysages côtiers.

Une étape marquante sur la Shimanami Kaido

Ikuchijima appartient administrativement à la ville d’Onomichi, dans la préfecture de Hiroshima. Elle est connectée à Omishima par le pont Tatara, structure élancée de près de 900 mètres de portée. Ce pont, anciennement le plus long pont à haubans au monde, incarne le lien physique mais aussi culturel entre les îles de la mer intérieure.

La Shimanami Kaido, voie cyclable réputée reliant Onomichi à Imabari via six îles, offre une expérience unique aux amateurs de vélo : traverser des ponts majestueux, découvrir des villages côtiers, et faire escale sur des îles comme Ikuchijima où le temps semble suspendu.

Kosan-ji : un temple hors norme

Cœur touristique d’Ikuchijima, le temple Kosan-ji est bien plus qu’un lieu de culte. Construit à partir de 1935 par Kanemoto Kozo, industriel originaire d’Osaka, le site est un hommage à sa mère défunte. Érigé sur 50 000 m², le temple étonne par son architecture composite : Kanemoto y a recréé en miniature plusieurs bâtiments emblématiques de l’histoire religieuse japonaise, parfois même en les « améliorant » selon ses goûts.

L’ensemble se distingue par ses détails ornementaux exubérants, oscillant entre le spectaculaire et l’inattendu. Il s’agit moins d’un lieu de prière que d’un parcours architectural et symbolique, à mi-chemin entre le musée et le parc à thème.

La villa Choseikaku : demeure familiale et chef-d’œuvre artisanal

Avant de bâtir Kosan-ji, Kanemoto Kozo fit construire la villa Choseikaku comme résidence secondaire pour sa mère. Ce bâtiment, entamé en 1929, est entièrement réalisé en bois, combinant cinq essences différentes.

L’édifice s’inspire du style résidentiel traditionnel japonais, mais dans une version amplifiée. Le salon et les chambres révèlent une attention au détail et à l’esthétique rare pour une résidence privée de l’époque. Une visite permet de saisir la transition entre intimité domestique et ambition monumentale chez Kanemoto.

La Grotte des Mille Bouddhas : voyage souterrain au cœur du bouddhisme

Sous les fondations du temple, une grotte artificielle guide le visiteur à travers les représentations de l’enfer bouddhique. Statues et scènes sculptées illustrent les supplices réservés aux âmes condamnées. À mesure que l’on descend, la pénombre s’accentue, jusqu’à déboucher dans une vaste cavité éclairée avec sobriété, peuplée de mille statues de Bouddha incrustées dans la roche.

Ce contraste entre l’ombre et la lumière, entre la douleur représentée et la paix des Bouddhas, offre une immersion sensorielle et philosophique rare.

Miraishin no Oka : le marbre de Carrare en surplomb du temple

Accessible uniquement depuis Kosan-ji, cette colline recouverte de marbre blanc s’étend sur 5 000 m². Œuvre du sculpteur Kazuto Kuetani, originaire de Hiroshima et installé en Italie, le site évoque davantage une installation artistique qu’un sanctuaire traditionnel.

Par temps ensoleillé, la blancheur intense du marbre impose le port de lunettes de soleil. Au sommet, d’immenses sculptures dominent le paysage. Le café Cuore, installé sur les hauteurs, permet une pause avec vue panoramique sur le port de Setoda.

Musée Kosan-ji : trois collections pour trois regards

Face à l’entrée du temple, le musée Kosan-ji complète l’expérience. Trois axes principaux structurent la collection :

  • des objets d’art bouddhique datant des périodes Heian à Edo, certains venus de Chine et de Corée
  • une collection dédiée à la cérémonie du thé, centrée sur l’école Yabunochi
  • un ensemble d’œuvres d’art japonais moderne, focalisé sur la première moitié du XXe siècle

Le musée est accessible tous les jours de 9h à 16h. L’entrée coûte 1 500 yens.

Hirayama Ikuo Art Museum : peinture et mémoire

Le peintre Hirayama Ikuo, figure majeure du style Nihonga, est né à Setoda. Survivant de la bombe atomique d’Hiroshima, il a consacré une part importante de son œuvre aux paysages de la route de la soie et de la mer intérieure.

Le musée présente ses grandes toiles ainsi qu’une sélection de peintures bouddhiques. Ouvert de 9h à 17h, l’entrée est fixée à 600 yens.

Musée d’histoire et de folklore de Setoda

Installé dans un bâtiment modeste, ce musée retrace l’histoire commerciale et maritime de Setoda. Il propose une lecture locale et précise du développement de l’île, autrefois carrefour d’échanges dans la mer intérieure.

Le musée est ouvert du mercredi au lundi, de 10h à 16h. L’entrée est gratuite.

L’île comme musée à ciel ouvert

Ikuchijima fait partie du projet d’art contemporain Island-Wide Art Museum. Dix-sept œuvres d’art, majoritairement japonaises, ponctuent la route qui ceinture l’île. Parmi les installations les plus notables figure la sculpture monumentale Clairvoyance de Shin Matsunaga.

En parcourant la piste cyclable, on découvre aussi de nombreux petits sanctuaires, des temples isolés, et des plages accessibles, notamment sur la façade sud de l’île.

Le temple Kojo-ji et son panorama

Perché sur les hauteurs de Setoda, le temple Kojo-ji offre une vue remarquable sur la mer intérieure. Son élégant bâtiment principal et sa pagode à trois étages se détachent sur fond de collines boisées. Le site reste paisible, rarement envahi de touristes.

Se loger à Ikuchijima

Bien que l’île soit souvent visitée à la journée, elle propose plusieurs hébergements de charme. Minshuku, ryokan, auberge de jeunesse et campings accueillent les voyageurs, qu’ils soient cyclistes ou simples curieux.

Parmi les hébergements recommandés, le Suminoe Ryokan propose des chambres en tatami, une salle de bain commune avec onsen, et une cuisine japonaise maison dans un cadre traditionnel en bord de mer.

Comment se rendre à Ikuchijima

Plusieurs options sont disponibles pour rejoindre l’île :

  • Par ferry : des liaisons régulières partent d’Onomichi (35 min) et de Mihara (25 min).
  • Par bus : depuis Imabari, des bus desservent directement Setoda. Depuis Onomichi, une correspondance est nécessaire via l’île d’Innoshima.
  • À vélo ou à pied : la Shimanami Kaido propose des locations de vélos sur chaque île et des passages dédiés aux cyclistes et piétons sur chaque pont.

Ikuchijima est une destination qui combine architecture originale, spiritualité, art contemporain et paysages maritimes. Facile d’accès mais encore préservée d’un tourisme de masse, elle permet une approche différente de la culture japonaise. Que l’on y passe quelques heures ou une nuit, elle marque l’esprit par son éclectisme et sa douceur insulaire.

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